Ambilly le dimanche 25 Février 2006. Pas toujours facile de parler de soi.Par ou commencer,comment faire? Depuis longtemps je voulais écrire mon vécu mon expérience de marocain,éxilé. Alors je vais essayer de raconter sommairement mon histoire. Je suis né en 1944,quel jour ? quel mois ?...personne n'en sait rien ! Mon père et ma mère me disaient tu es né un jour ou les amandiers fleurissaient...Cherchez,essayez de trouver. Je ne fut inscrit à l'Etat Civil Marocain qu'en 1956.Année de l'Indépendance.Ma date de naissance sera : 00/00/1944.Date que je garderai assez longtemps,aussi bien au Maroc,qu'en Algérie,France et Suisse pays ou j'ai travaillé. Les hasards de la vie professionnelle pour diverses raisons me collèrent des dates,et,ce pour déterminer la lointaine retraite: 00/00/1944 date qui reste celle de l'Adminstration Française lors de ma naturalisation.elle est inscrite définitivement sur ma Carte d'Identité Nationale,sur mon Passeport et au Fichier du Service Central d'Etat Civil au Ministère des Affaires Etrangères,suite à ma naturalisation . Mais n'en riez pas,j'ai eu , au grés,donc de mes différents emplois:01/01/1944...31/01/1944 et finalement pour le dernier emploi,celui ou j'ai fait ma plus grande carrière et d'ou je suis parti en retraite 31/12/1944....Voilà pour ma date de naissance...Quelle histoire! Je pense que je suis pas le seul dans ce cas spécifique. Je suis dans un village,dans les montagne de l'atlas dans la région du Souss,à ce moment Agadir était la "capitale" de la région.Je suis en pleine période du Protectorat Français. Ne cherchez pas sur une carte du Maroc,vous ne trouverz pas un point indiquant mon village natal,un petit village sur le flan d'un terrain en pente,et entouré de deux petites chaine de montagne rocailleues,gris et ocre. Au fon un oued qui coule doucement,le nom de l'oued ?Il n'en a pas on l'appelle simplement " Assif" ce qui veut dire en berbere (Tachelhyte) Oued. Je suis donc né là: Douar Idels,Tribu Issaguène,circonscrition Ait-Souab,Bureau de l'Etat Civil Souk El Aarba de Tanalt,par Ait-Baha ,Souss,Province d'Agadir.Notre Souk hebdomadaire était et est toujours Souk El Khémiss Idda-Ougnidif.J'ai vécu dans mon village,d'ou je garde encore de trés bons souvenirs,du bohneur,de joie mais aussi de la peine,de la tristesse...La vie quoi !. Les fêtes,religieuses,celles des saints,ou marabouts,les mariages,les naissances etc...La fête des moissons,les chants les danses...Les visites des grand-parents maternels et paternels,des autres membres de la famille.Une fois par ans un gran rassembles des divers familles par alliances se retrouvent à tours de rôle dans tel ou tel village.Ma fréquentation de l'Ecole Coranique avec les garçons et les filles de mon village et l'Imam de la mosquée qui nous apprenais le corant tout en nous enseignant à lire et écrire l'arabe,car notre langue maternelle je le rappelle c'est le Tachelhyte,l'une des "langues" berberes du Maroc. En 1950,mon père me prend avec lui à Méknès,ville impériale,ville de Moulay Ismael,l'un des Sultan du Maroc.Un Sultan prestigieux,batisseur de la ville un contemporain du Roi Soleil!. Mon père travaillais donc à Meknès ou il tebait une épicerie.Une année c'est mon père qui tenais la gestion de l'épicerie pendant que mon oncle Tayeb (le frère de mon père) lui gerait les affaires familiales au village.Ils se relayaient dans ce travail et rôle chacun son tour.Entre 1951 et 1952 je suis des cours dans une Medersa Coranique,il y avait des garçons et des filles... En 1952 donc au mois d'Otobre mon père m'inscrivit à l'Ecole Primaire Franco-Musulmane.Le matin on apprenait l'arabe,lire,écrire,grammaire,histoire,géographie,calcul etc...L'apés midi on avait cours de français,lire,écrire,grammaire,histoire de France,géographie du Maroc,de la France. Je me rappelle avoir récité "Nos ancêtres les gaulois"...Quand on n'avait pas cours à l'Ecole Franco-musulmane mon père m'envoyait à l'Ecole Coranique pour dit il continuer à parfaire mes connaissance sur l'Islam,la Sunna, les Hadiths:la théologie.Ces cours supplémentaires en Medersa durèrent quelques années encore. En 1958,j'obtenais mon Certificat d'Etudes Primaire,un très beau Diplôme écrit en arabe et en français,et en haut au milieu le drapeu mareocain,quelle firté pour mes parents et les autres membres de la famille... 1959, pour préparer mon entrée au Lycée Moulay Ismael tous les élèves qui avaient obtenu le CEP furent envoyés à l'Ecole Jean Macé en ville nouvelle pour cette préparation d'entrée au lycée. 1960 l'entrée au Lycée Moulay Ismael,je fus inscrit à la Section Générale,j'étais trés fort en langue française...On me disait que je pouvais faire un préparation à l'entrée à l'Ecole des Instituteurs....Ma destination fut tout autre! Oui,en 1963,en effet j'intégrais l'Ecole des Infirmers à Mèknès,la première "cole de ce genre,dans notre ville...Mais en 1963 j'arrête tout,pour des raisons d'incompatibilité entre mon père et moi.Des différents nous opposent,et un jour je quitte Mèknès...direction Casablanca chez un de mes oncle Abdallah,qui tennait un Epicerie Moder,boulevard MohammedV.Quelque mois plus tard,je fus recueilli par les frères de ma mère à Bouykour,Km.17 prés de Casablanca....Et la je suis resté quelques moi aussi.D'autres évènements se passèrent,des concours,des petits boulots,et un jour une opportunité pour partir ailleurs.... 1964,une occasion de changer de pays,voir d'autres horizons,avoir un travail interessant.Au mois de Mars,des amis français établis au Maroc depuis trés longtemps,m'aidèrent dans mes difficultés,les uns et les autres ont tous été formidales,fraternels.Mars 1964,l'un deux me proposa de partir en Algérie pour travailler dans une institution privée...J'acceptais....Et me voilà parti pour Alger.Belle ville,des hommes et des femmes charmants et sympathyques rencontrés. Je suis resté à Alger deux ans...Octobre 1965 deux jeunes filles venant de France pour enseigner le français arrivèrent dans l'Institution privée...Et bien sur^mes yeux se posèrent sur l'une d'elles....Petit à petit nous nous sommes rapprochés et....quelques années plus tard... Juin 1966...Je parti pour la France,Christiane,ma fiancée avec moi...Marseille....Toulouse,Paris.. puis Collonges Sous Salève en Haut-Savoie,au Séminaire Adventiste... Aprés plus d'un an au Séminaire Adventiste,et l'obtention du Diplôme de Langue Française de l'ALLIANCE FRANCAISE,s'ouvre la période d'une activité professionnelle à Genève en tant frontalier,puis en France aprés.... Entre-temps Christiane est retournée en Algérie ou son contrat a cours toujours,dans l'enseignement. Pendant ce temps là,moi je recherchais du travail.Pendant que j'étais élève à Collonges Sous Salève,je travaillais occasionnellement à Genève dans une Entreprise de Surveillance et Gardiennage "Sécuritas" deux nuits par semaine. J'ai fait une expérience d'apprentissage de conducteur de tramway à la Société de Trasports Publics de Genève...Je ne n'ai pas réussi...Allons voir ailleurs. Je fus embauché à l'Hôpital Cantonal de Genève,comme Agent Hospitalier,un trés bon travail,pour moi,une ambiance que j'aimais bien,des collègues et des amis interessants.Des souvenirs de certains malades,gravés dans la mémoire. Au bout de deux ans d'activités,une occasion s'offrait à moi.La direction me proposa d'aller passer un examen.Si celui ci était réussi,l'Administration de l'Hôpital me gardait mon salaire comme bourse, et je pouvais suivre les cours de l'Ecole des Infirmiers et Infirmières pour devenir Aide-Soignant,ces cours duraient deux ans.De mon co^té je m'engageais apés la fin de mes études et stage à travbailler pour l'Hôpital Cantonal pour une période obligatoire de cinq ans. Pendant plusiurs mois mois tout allait bien... Christiane est revue d'Alger,aprés une année scolaire,elle s'installe à Collonges Sous Salève pour quelques mois.Elle trouve un emploi à Genève et s'y installe,nous nous voyons toujours,notre fréquentation dure.... Et un 26 Février 1968,nous nous mariames à la Mairie de Collonges Sous Salève.Nous continuons à travailler tous les deux à Genève.Christiane débute un emploi au Grand Magasin "La Placette",puis plus tard avec moi à l'Hôpital Cantonal cantonal de Genève. Tout allais bien dis-je,oui,mais ...Voilà la vie a des hauts et des bas...quelques difficultés vont avoir le jour.Elles vont décider d'une autre orientation. L'administration préfectoral de la Haute-Savoie,me somme de prendre un emploi sur le territoire français en Haute-Savoie,puisque j'ai une Carte de Séjour.Si je ne reprends pas un emploi sur le territoire français,je n'aurai plus de Carte de Séjour....Sans Caret de Séjour pas de résidence. L'Hôpital Cantona,dont je suis toujours l'emplyé élève stagiaire essaya de m'obtenir une aurisation de séjour à Genève...malheureusement sans succés...l'Hôpital Cantonal me libera de mon engagement,j'ai du arreter mes études et mes stages,quitter mon employer..et me revoila cherchant un emploi sur France pour garder ma Carte de Séjour. Aprés quelques recherches,je fus embauché à Annemasse à la Clinique de Savoie,comme Aide-Soignant et cela dura queqlques années.Entre-temps j'avais introduit un renouvellement de demande de naturalisation.Une première demande avait été ajournée.Quelques mois plus tard,je fus convoqué par le Secrétariat de la Mairie de Gaillard qui me donna,la copie de du Décret de Naturalisation,le Journal Officiel qui en faisait publication et ma première Carte Nationale d'Identité Française.Oui,je suis devu citoyen français... Une nouvelle page s'ouvre,de nouvelles expériences,riches en évènements heureux,ou malheureux.Mais attachons nous au meilleurs moments de la vie ils sont beaucoup plus nombreux,porteurs d'éspoirs.Laissons de côtés ces jours,ces moments sombres,tristes.essayons d'oublier certaines personnes mesquines,méchantes. Aprés ma naturalisation en 1973,j'essaye de retrouver un emploi du côté de Genève,en commençant bien sur par renouer contact avec l'Hôpital Cantonal,pas de chance rien à me propser.Il faudra revenir,plus tard,peut-être.J'ai une famille à nourir,alors,il faut chercher ailleurs,c'est pas toujours facile.Mais une chance,j'ai trouvé un emploi d'ouvrier chez l'Entrepris CARAN D'ACH,fabricant de crayons noirs,crayons de couleurs et de stylos,entreprise connue mondialement.Un emploi à durée déterminée.En attendant ce que l'avenir décidera. Un jour,un voisin me contacte et me propose un emploi dans l'entrepris ou il travaille.J'accepte,et, me voila chez SIMILORS,usine fabricant des robinets , robinets mélangeurs et accessoires divers de robinetterie.Il me semblait que j'allais être stable,apprendre un métier,faire carrière,le rêve... Mais voilà encore une fois les évènements et peut-être le destin on en voulu autrement.la situation économique de l'entreprise n'est pas au beau fixe,une restructuration est opérée,des licenciements au niveau du service décolletage et des fours commencet à se faire.Et un jour c'est aussi au niveau du magasin Vente-Expéditions.Mon tour arriva,je suis licencié économiquement.Mon dernier jour de travail,le 31 Octobre 1975...jour de naissance de mon troisième fils,Jean-Marc Ismael.Quelle coincidence! Aprés quelques mois de chomage,de recherches d'emplois infructueuses,un jour,un de mes amis de l'Association Franc-Maghreb,m'informa que la S N C F recrutait...Il me m'accompagna et me présenta.Cet ami c'est M. GANDON,Inspecteur des Douanes,il était à ce moment là président de l'association.Aprés un entretien avec le chef de service,un dossier de candidature fut établi.Une visite médical,quelques jours plus tard et j'intègra la grande maison:La Société Nationale des Chemins de Fer Français,au Service National de Messagerie "Le SERNAM",comme Agent de Messagerie,en tant que manutentionnaire. c'était en Juillet 1976.Une période d'essai de 6 mois était la règle,avant d'être nommé définitivement.Aprés ma période d'essai,je devais passer des examens à la Direction Régionale S.N.C.F.-SERNAM.Dictée,calcul,connaissance générale et test psycho-techniques.Résultat je suis nommé au Cadre Permanent,don je suis devenu titulaire,une autre carrière est là devant moi.Une chance.Une nouvelle page s'est encore ouverte.Au cours des années de mon activité,stages,cours par correspondances,formation professionnelle,concours se suivirent et une carrière se déroulera tranquillement jusqu'en Février 1999,ou des restructurations de services de la S N C F et de son SERNAM se produisirent.Mais cette fois ce n'est pas un licenciement,mais un départ en pré-retraite,un an avant la retraite officielle.J'ai donc quitter la grande maison le premier Février 1999.La veille au siège départemental deu SERNAM à Annecy,j'avais organisé une soirée d'adieu aux collègues agents S N C F-SERNAM et de l'Entreprise de Manutention et des chauffeurs routiers.Une aprés midi et une partie de la soirée autour d'un buffet,un moment émouvant d'échange,de discutions, d'amitié.Oui je quitte la vie active.Demain me dis- j'entre dans le "Club"des Retraîtés...Une nouvelle vie commence. Ce ci est donc vraiment un petit résumé de ma vie...Suivront des dates et des évènements sur ma vie famliliale,professionnelle,mais aussi politiquement,syndicalement et la vie associative sur l'agglomération d'Annemasse et sur le plan national.Une riche expérience,ici ou là.Des hommes et des femmes de divers milieux.Des liens d'amitié au grés des rencontres,des ruptures difficiles et douleureuses;la vie, toujours avec ce qu'elle apporte de joie,de bonheur,de tristesse.Encore une foi,gardons en souvenir le meilleur,le mauvais laissons le de côté...Ce n'est pas toujours facile d'oublier ces moments.Donnons la priorité à ce qu'il y a de mieux dans notre vie. La suite donc, la suite prochainement ./.